Frankenstein de Mary Shelley

Un classique de la littérature que je voulais lire depuis longtemps mais que je réservais pour Halloween à cause de l’idée préconçue que ça me ferait froid dans le dos. Sauf que les choses ne se passent pas toujours comme on veut, que bien que ca soit un livre très court il m’a fallu 3 mois pour le lire et qu’en fait c’est pas du tout une histoire pour Halloween…
Au contraire l’image qui m’en reste je pense au printemps à cause d’une partie partie du livre qui m’a beaucoup plu. Mais j’y reviendrais.

Comme la plupart des classique écrit au XIXème siècle, le language demande une légère adaptation mais une fois dedans, l’écriture est belle. Le lire en anglais complique un peu plus la tâche lorsque ce n’est pas notre langue maternelle.

Concernant l’histoire, il faut se détacher complètement de toutes les adaptations ou représentations de Frankenstein qu’on a pu imaginer genre le gars immense avec les écrous dans le cou et les grosses balafres parce qu’à vrai dire, Mary Shelley instaure l’appréhension de cette creature humaine sans jamais vraiment le décrire dans les détails. On sait qu’il est grand, fait de cadavres, et qu’il a un visage qui horrifie tout le monde mais on en sait pas plus. De même que la facon dont il a ete crée. Car l’auteur et notre narrateur prennent soin de ne pas nous révéler quel est le secret pour redonner la vie, vous pensez!
Frankenstein, c’est une histoire dans l’histoire. C’est l’histoire d’un explorateur des mers du nords qui vient à la rescousse de Frankenstein, Victor de son prénom,  qui n’est pas un créature mais un humain vivant ou à peine puisqu’il est sur le point d’y rester le pauvre tellement il est faible. Après une bonne soupe, une couverture chaude et du repos il conte son histoire à notre narrateur qui la retranscrit en lettre à sa soeur.

Frankenstein raconte alors comment il en est venu à être dans ces contrées si froides à la poursuite d’une créature qu’il s’est juré de détruire. Il raconte sa vie depuis son enfance à sa découverte scientifique jusqu’à la destruction presque totale de sa famille dont il est finalement responsable. De créateur il devient destructeur.

Beaucoup de critiques parlent de la solitude qui se dégage de ce roman. C’est vrai.

Les protagonistes sont seuls. Entre l’explorateur sur son bateau à la recherche d’un ami avec qui partager ses envies, Frankenstein qui est passionné par ses études et s’éloigne de sa famille puis ensuite il est hanté par sa propre création qui le conduira à mener une vie isolée de tous afin de protéger ceux qui restent. Et la créature, qui n’a pas de nom, qui recherche la reconnaissance et l’amour de celui qui lui a donné la vie mais qui fait si peur à voir qu’il est rejeté de tous.

Attention spoiler

Est-ce le rejet de son père ( créateur) et de la société qui le rend méchant? Est-ce qu’il aurait pu s’intégrer s’il avait été accepté? Par les différentes personnes qu’il a croisé? Comme dans la vie, cette créature est devenue ce qu’il est a cause de ses expériences. Ce sont tous ces rejets qui font de lui un monstre par sa cruauté et non son aspect physique. Car la créature l’avait prouvé dans ce passage dont je vous parlais, ce passage qui me restera. Lorsqu’il épie en douce la maison et ses habitants en France. Il apprend comment vivent les hommes, leur langue, leurs habitudes et les aide comme il peut. Il pense que s’ils voient d’abord ses actes de bonté ils l’accepteront en dépit de son aspect physique…

Frankenstein lui se retrouve hanté par le secret de ce qu’il a fait. Ca le rend un peu parano et même physiquement malade. J’ai eu de la peine pour lui aussi parce qu’il était tellement excité par sa découverte qu’il n’a pas vraiment réalisé la mesure de ce qu’il faisait. Un peu comme tous les scientifiques qui sont tellement content d’avoir fait survivre un rat mi-rat mi-grenouille qu’ils ne voient pas la dimension éthique là dedans. Donner la vie n’est pas rien et nous avons une responsabilité vis à vis de cet être. S’il ne l’a pas engendré il l’a crée. Et si l’amour n’est pas toujours une évidence, Frankenstein aurait dû au moins s’en occuper.

Mary Shelley instaure la confusion : qui est l’être humain et qui est le vrai monstre. Notre sympathie va de l’un à l’autre selon qui raconte son récit car chacun évolue et il n’est pas plaisant de savoir quelqu’un torturé.

 

Un classique à lire!

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13 réflexions sur “Frankenstein de Mary Shelley

  1. Ta critique me donne bien envie de la lire. Effectivement, je ne connaît que les adaptation un peu caricaturale du monstre vert et finalement attendrissant… Je retiens!

    • Je suis contente que ça te donne envie! Je pense qu’il est à lire une fois dans sa vie et je ne le regrette pas. Attendrissant il peut l’être mais pas tout le long lol

  2. Il est dans ma pal depuis… un certain nombre d’années! 😅 il serait temps que je le sorte, ta critique me donne envie !

    • Il est court et toi tu ne mettrais pas 3 mois à le lire! Je recule un peu à chaque fois avec les classiques parce qu’il faut avoir la tête à ca mais au final je les apprécie et suis contente de les avoir lus. J’ai hâte de savoir ce que tu en penses

    • Oui j’en garderais aussi un bon souvenir! Je suis vraiment contente de l’avoir lu et contente de savoir qu’il t’a plus aussi

    • Contente qu’il t’ai plu aussi. Je pense qu’il fait parti de ces classiques a lire a un moment donne surtout quand il est si different de l’image qu’on en a

  3. Tout à fait d’accord avec ta chronique sur Frankenstein. En lisant ce grand classique de la littérature fantastique/gothique britannique, écrit par une femme avant-gardiste, j’ai aussi ressenti toute la solitude des personnages.
    Tu soulèves des questions très intéressantes sur la bienveillance et la malveillance. Frankenstein remet complètement en cause la définition de l’humain bien avant la Théorie de l’évolution de Darwin. Il y a une dimension mythologique quelque part dans l’intrigue par l’évolution de la créature sans nom (déjà le sous-titre du roman est « the modern prometheus ».

    Le roman rappelle justement que Frankenstein n’est pas la créature, mais bien le créateur, Victor Frankenstein. C’est vrai que l’imaginaire collectif tend à confondre les deux 🙂

    Chapeau pour l’avoir lu en anglais en tout cas ! Le style n’est pas des plus faciles !

    • Merci ☺️. L’anglais ne me pose plus tellement de problème à vrai dire ( cela fait 8 ans environ que je vis en Angleterre) mais c’est vrai que pour certains classique je dois perdre des subtilités de la langue qui ne s’apprennent qu’avec le temps.
      Tu parles si bien de ce livre on sent qu’il t’a touchée toi aussi. Il a toujours un impact sur moi bien des mois après la lecture et comme tu le dis mary Shelley il y aurait tant à dire sur sa vision si vraie, toujours d’actualité a un si jeune âge aussi!

      • En effet, tu dois avoir un anglais excellent maintenant ! 🙂
        J’ai fait des études d’anglais et ai vécu 2 mois dans le sud de l’Angleterre, et j’y retourne de temps en temps. Depuis mes études, je n’arrive plus à lire un roman anglo-saxon dans une autre langue que l’anglais. Ceci dit, c’est aussi vrai pour la littérature scandinave, que je lis en anglais (aucune logique ^^’).

        Oui, j’ai étudié Frankenstein en master et j’avais dévoré le livre. C’est sûr que les classiques sont pas toujours digestes en terme de niveau de langue. Je pense notamment à Wuthering Heights que j’ai eu du mal à lire à cause du vieil anglais.

        Il y a tellement de choses à dire sur ce roman. J’ai eu l’occasion de voir la pièce de théâtre adaptée du roman avec Benedict Cumberbatch, une merveille !
        Tu as vu des adaptations du roman au cinéma ?

      • Je suis dans le sud de l’Angleterre aussi! Bravo a toi pour perdurer dans la lecture en anglais, c’est tres bon cela dit pour entretenir et tellement enrichissant pour le vocabulaire. J’avais lu Lolita et The great Gatsby qui pourtant ne sont pas si difficile au niveau de la langue mais ils ete completement perdu pour moi, j’ai eu l’impression de passer a cote. Wuthering Heights je l’ai lu en francais du coup ^^ et je suis allee voir ou elle l’avait ecrit aussi.
        Concernant la piece de theatre je ne l’ai pas vue mais ca doit etre tres interessant. c’est un peu comme Dr Jekyll ou il y a tellement d’adaptations et d’angles differents que ce sont des livres qui font des sujets de these a eux tout seuls! Les adaptations cine je ne pense pas les avoir vues non plus. Il faudrait que j’en regarde

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